Le Prince de Glace

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Le Prince de Glace

Message  Vladimir Septimus le Sam 6 Fév - 14:06

LE PRINCE DE GLACE

- Chapitre 1 : Complot à Micropolia  -


Les bureaux de la banque Septimus était situées au dixième étage d’un des plus importants immeubles de la périphérie de Micropolia. A la base, ce lieu servait comme siège pour la filiale francovare de la banque, un siège loin de la splendeur du siège central situé à Silver City, ville aux cent gratte-ciel brillant comme des diamants dans le ciel clair de la République du Silverland. Aujourd’hui, on avait réaménagé l’endroit pour permettre d’en faire un satellite du siège central, permettant à Dimitri de diriger les affaires de la banque familiale depuis Micropolia. Peu de gens dans l’entreprise étaient satisfaits de ce changement. Beaucoup se plaignaient de la perspective, inévitable, de devoir quitter la douceur de Silver City pour venir dans cette cité considérée comme indigne d’un institut bancaire de renom. Il y avait bien évidemment aussi ceux qui en étaient très heureux de ce changement, à commencer par les clients francovars qui pouvaient désormais espérer avoir un plus grand nombre d’officines bancaires à disposition et une palette de services plus importante.

Dimitri Septimus était dans son bureau, une chambre de taille moyenne dont les fenêtres donnaient la vue  sur le lointain centre-ville de Micropolia. C’est alors que l’entrée au bureau s‘ouvrit et qu’un homme dans la cinquantaine, cheveux gris, grande barbe et habillé d’un costume gris entra dans la pièce. Son nom était Antoine de Funeste, un des grands banquiers du comté de Brindas et président de l’association bancaire de cette contrée. Son arrivée avait été prévue même si de Funeste avait refusé d’expliciter les raisons pourquoi il voulait avoir un rendez-vous  avec Dimitri. La banque Septimus et les banques de Brindas n’avaient pas de contact officiel, mais entre banquiers, on savait entretenir des relations courtoises. Invité par Dimitri à prendre place, le banquier brindasien s’assit dans le fauteuil en cuir face au bureau.

« Que me vaut le plaisir de votre venue ? » demanda Dimitri chaleureusement, avant d’ajouter. « Puisse-vous servir quelque chose ? »

Antoine de Funeste sourit et répondit.

« Oh, ne vous faites pas de peine pour moi. J’ai déjà pu prendre un café sur le chemin. » Il attendit quelques secondes avant de reprendre. « Je suis ici car Brindas est en crise. »

La chose était dite et Dimitri eu de la peine à cacher sa surprise. Le Brindas en difficulté ? C’était un des territoires les plus paisibles et prospères de la Francovie. Le chômage y est au plus bas et l’industrie fonctionne aussi bien que possible en vue de la crise économique au niveau national. Il demanda alors.

« Vous me surprenez. Pourquoi le Brindas serait-elle en difficulté ? En apparence, tout va bien, même au niveau politique. »

« Les apparences sont trompeuses, Monsieur Septimus » dit de Funeste. « Certes, les chiffres avancés par le conseil régional sont tous très beau, mais la vérité est que la plus part ont été embellies par des trucages statistiques. Cependant, ce n’est pas le véritable problème car tous les gouvernements truquent les chiffres. La tentation est trop grande pour eux. Non, le véritable souci est que le conseil régional ne dit pas tout. »

« Expliquez-vous » demanda Dimitri.

« Le chômage a beaucoup baissé à cause d’une politique d’investissement public insensée. Le conseil régional étant composé des maires de chaque ville de la région, chacun veut avoir sa caserne de pompier, son musée, sa salle polyvalente, son collège et dieu sait, peut-être même sa propre université. Bien évidemment, cela coûte cher et quoi de mieux que de faire payer la facture par la région ? Les maires contrôlent le conseil et donc ils peuvent approuver le financement de chaque petit projet dans leurs villes. Tout cela a été, bien évidemment, financé par l’emprunt et comme chaque maire veut pouvoir construire le plus et le mieux, ils approuvent toutes les dépenses dans une complicité inadmissible. En vingt ans, la région s’est endettée comme pas possible. Nos banques ont accepté d’abaisser le taux d’intérêt il y a cinq ans pour faciliter une reprise en main des finances publiques, mais à chaque nouvelle mandature, les dépenses de la région, et donc du besoin en crédits, repassent à la hausse. Nous atteignons maintenant le moment où nous ne pouvons pas abaisser le taux d’intérêt sans compromettre la sécurité financière de nos banques. Néanmoins, ne pas le faire risque d’exposer la région à la banqueroute et donc nous pourrions perdre les crédits avancés au fil des ans, provoquant la faillite de la plus part de nos établissements. Vous voyez que la situation est très délicate. »

« Je comprends. Et j’imagine que si vous refusez d’avancer des nouveaux crédits, vous rendrez la région incapable de financer ses dépenses quotidiennes et donc exposerez vos banques au même risque de banqueroute. Cependant, est-ce que l’Etat francovar ne pourra pas intervenir et prendre en charge la dette ? » dit Dimitri.

« L’Etat francovar ? Il est débordé et je doute qu’il voudra faire l’effort pour une si petite région. Non, cette crise est trop sérieuse pour être laissée aux bureaucrates. Mes collègues et moi avons pensé à autre chose. »

Dimitri devenait méfiant. Qu’est-ce que cette bande de banquiers de campagne avaient en tête ? Il écouta alors Antoine de Funeste dire.

« Le système du conseil régional composé des maires ne marche pas. Les maires sont avides et visent en priorité leur réélection. Non, ce qu’il faut, c’est revoir le système politique pour remettre de l’ordre dans les finances. Ce que je vous propose, c’est très simple : revenir au précèdent système. Cela veut dire que c’est le comte de Brindas, donc vous, qui prendra en charge la gestion régionale. Ainsi nous pourrons avoir la garantie d’avoir une personne responsable à la tête de la région et évitons la politique politicienne des maires. »

Voilà donc leur projet, pensa Dimitri Septimus. Il réfléchit quelques secondes avant de répondre. A vrai dire, il n’avait pas envie de devoir encore prendre en main la gestion des affaires régionales, mais l’occasion était trop belle. Voilà un moyen d’assurer la domination des Septimus sur Brindas. Néanmoins, Dimitri voyait plusieurs obstacles à un tel projet. Il dit donc à Antoine de Funeste.

« Vous êtes conscient que les maires ne lâcheront pas le pouvoir aussi facilement ? Et l’Etat francovar pourrait s’en mêler. »

Un large sourire apparu sur les lèvres du banquier brindasien. Il répliqua calmement.

« L’Etat francovar est embourbé dans la crise d’Elveotie et dans les affaires du comtat. Il n’aura pas le temps et l’énergie de s’occuper de quelques querelles dans une vallée au fin-fond du pays. Non, c’est l’occasion pour agir. En ce qui concerne les maires, ne vous inquiétez pas pour eux. Nos banques fermeront le robinet et diront à ces chers notables que nos instituts n’avanceront plus d’argent. Nous leur ferons aussi part que s’ils tentent de mettre la région en faillite, nous considérons leurs communes comme les garants de la dette. Aucun de ces politiciens ne voudra pousser sa commune en faillite pour un siège dans un conseil. Ils accepteront notre demande de transférer la gestion des affaires régionales au comte sans broncher. Cependant, cela peut que marcher si vous êtes prêt à prendre en main la région ensuite. C’est la condition sine quae non. »

Dimitri réfléchit. Il connaissait les risques, car cela reviendrait à une forme de coup d’état, mais à la fin, c’était une occasion trop belle pour la laisser filer. Il donna alors sa réponse.

« Vous pouvez compter avec mon soutien. »
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Vladimir Septimus

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